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AFRIQUE: QUELQUES ERREURS DE PRÉSIDENTS ÉLUS QUI ONT FAIT ECHOUER DES TRANSITIONS À L'AVÈNEMENT D'UNE NOUVELLE SOCIÉTÉ

Adama Barrow | PHOTO: archives
      Avec le revirement spectaculaire de Jammeh(que je soutiens, il faut le préciser) l'Afrique nous donne encore un spectacle peu reluisant d'échec de transition politique en vue de bâtir des institutions fortes et incontestées. Nous prendrons trois exemples aussi différents des uns des autres mais dont la similitude pourrait être ce que nous appelons des "erreurs politiques de presidents élus". Il s'agit du Burundi avec Melchior Ndadaye en 1993, de la Côte d'Ivoire avec Laurent Gbagbo en 2000...et de la Gambie avec Adama Barrow.
 
I- MELCHIOR NDADAYE ET L'ÉCHEC DE LA TRANSITION DÉMOCRATIQUE AU BURUNDI(1993) 
 
     Le Burundi, petit pays de l'Afrique des Grands Lacs, était abonné aux coups d'Etat depuis la proclamation de l'indépendance le 1er Juillet 1962 par Louis Rwagasore Mwambutsa renversé par Michel Micambero en 1966, lui aussi déposé le 1er novembre 1976 par Jean Baptiste Bagaza qui sera chassé à son tour en 1987 par Pierre Buyoya.
                        
     Cette instabilité était accompagnée aussi de conflits inter ethniques qui ajoutaient aux difficultés sociales, economiques et politiques jusqu'en 1993 où après une conférence nationale les acteurs politiques décident ensemble d'organiser des élections pluralistes en vue de faire entrer le pays dans une transition démocratique à la paix, à la stabilité, à La cohésion sociale. Ces élections ont lieu le 1er juin 1993 et Melchior Nadadye les remporte avec 65% des suffrages. Pierre Buyoya Président putschiste sortant est obligé de céder le pouvoir, contre son gré.
 
     Melchior Ndadaye s'installe au pouvoir. Et, peut être, pour montrer sa bonne foi de démocrate décidera de prendre avec euphorie des décisions hâtives. Entre autre le retour au pays de Jean Baptiste Bagaza, ennemi juré de Buyoya, en Juillet 1993, juste un mois après son élection et son INVESTITURE. Il n'avait même pas pris le TEMPS de s'asseoir et asseoir son pouvoir. Comme il fallait s'y attendre son adversaire, Buyoya allait l'accuser de "vouloir ramener au pays des gens qui ont des comptes à rendre au pays...". Commencèrent alors ses difficultés avec les militaires que lui le civil ne maîtrisait pas encore. Et ce qui devait arriver arriva.
 
       En effet, le 21 Octobre 1993 les hommes fidèles à Buyoya renversaient Nadadaye, le Président élu 3 mois plutôt. Et après une course poursuite avec les putschistes il était rattrapé au camp Muha, siège de la garde présidentielle et assassiné froidement. Son assassinat sauvage mit fin à un espoir d'une transition démocratique et le pays plongea dans une guerre civile qui a duré 15 ans. Comme on le voit, pour notre part, la faute de Nadadaye aura été de s'être précipité à prendre des décisions sans avoir une assise de son pouvoir à peine élu.
 
II- LAURENT GBAGBO ET L'ÉVANOUISSEMENT DU PROJET DE REFONDER LA CÔTE D'IVOIRE(2000)
 
        Le 22 Octobre 2000, Laurent Gbagbo, opposant historique ivoirien arrive au pouvoir après avoir remporté l'élection présidentielle organisée par la junte militaire qui avait renversé 10 mois plutôt(24 décembre 199) le pouvoir quarantenaire du PDCI. Sa prise du pouvoir voulue surtout par le peuple de Côte d'Ivoire entrevoyait un espoir de changement mais surtout de refonder une Côte d'Ivoire oligarchique bâtie par Houphouet Bougny, son premier Président.
 
       Gbagbo Laurent avait un programme qu'il voulait dérouler mais il était important qu'il ait une assise réelle de son pouvoir avant de le dérouler. À peine investit et sans prendre le temps d'avoir une maîtrise et une emprise réelle sur certains dossiers, il décida, de bonne foi dans "une euphorie démocratique" de faire entrer d'exil, en application de l'article 12 de la Constitution de 2000, Alassane Dramane OUATTARA, contre qui était lancé un mandat d'arrêt international pour fraude sur La nationalité ivoirienne. Aussi il était admis qu'il était l'instigateur du Coup d'Etat de fin 1999 car il avait menacé le pouvoir de son ennemi Bedie en terme de "je frapperai ce pouvoir et il tombera..."
 
        Ainsi le retour précipité du putschiste OUATTARA sans que Gbagbo n'ait une maîtrise et une emprise réelle sur l'armée allait être fatale à son pouvoir. En effet déjà en décembre 2000, OUATTARA et ses partisans allaient tenter une insurrection. En janvier 2001, Coup d'Etat avorté avec La "Mercedes noire". Septembre 2002, rébellion armée dont le patron reste toujours le putschiste OUATTARA. Le pouvoir ne connaîtra plus de paix et de stabilité jusqu'à ce que La date fatidique du 11 avril 2011 arrive. Comme on le voit Laurent Gbagbo par son empressement à vouloir appliquer des décisions sans avoir eu à maîtriser les choses a fait avorter un espoir à refonder réellement La Côte d'Ivoire. Il aurait dû attendre 3 bonnes années avant d'élargir OUATTARA.
 
III- ADAMA BARROW ET L'ÉCHEC D'UNE TRANSITION DEMOCRATIQUE RÉUSSIE EN GAMBIE(2016)
 
     Le vendredi 2 décembre 2016, contre toute attente Yayah Jammeh appelait Adama Barrow pour le féliciter pour sa VICTOIRE HISTORIQUE à l'élection présidentielle. Nous avons salué la Démocratie qui prenait pied dans ce petit pays de l'Afrique dirigé depuis 22 ans sans partage par le putschiste Jammeh qui avait renversé Daouda Kariba Jawarah. Mais nous avons surtout rendu un hommage mérité à Jaammeh qui venait de pendre de court tous les observateurs surtout occidentaux de sa capacité à être démocrate.
 
      Avec cette élection nous avons applaudi parce que la GAMBIE devenue souveraine grâce à Jammeh allait amorcer enfin un développement sans influence extérieure. Nous attendons avec curiosité la passation en janvier 2017 entre le Président sortant et le Président entrant. Entre temps le nouvel élu va multiplier les déclarations inconséquentes sur le sort réservé à Jammeh:"La Gambie reviendra sur La décision de retrait de la CPI...et cela aura pour conséquence de favoriser le transfert de Jammeh à La CPI pour crimes contre l'humanité". Jammeh qui est encore assis au palais de Banjul et qui ne veut pas offrir la corde qui va servir pour sa pendaison à son adversaire vient de remettre en cause l'élection de BARROW. Pour notre part, Jammeh ne veut pas rester au pouvoir mais veut des garanties sur son sort après son départ du pouvoir. Comme on le voit l'inconséquence de Barrow vient de faire rater à la Gambie une transition historique à la Démocratie.
 
Excellence Zadi
SOURCE : Excellence Zadi
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