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Côte d’Ivoire: au deuxième jour de son procès, Simone Gbagbo prend la parole

L'ex-première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, lors de son deuxième procès devant la justice ivoirienne à Abidjan, le 31 mai 2016. | PHOTO: ISSOUF SANOGO / AFP
En Côte d’Ivoire, c’est le deuxième jour d’audience dans le procès de Simone Gbagbo. L’ex-première dame est poursuivie pour crime contre l’humanité, entre autres, pendant la crise postélectorale de 2010-2011. Et ce mercredi 1er juin, elle a démonté point par point les chefs d’accusation.
 
Simone Gbagbo a terminé son long discours de deux heures quasiment ininterrompu. Elle a d'abord demandé une minute de silence « en mémoire de toutes les personnes disparues » pendant la crise « quel que soit leur bord ». Madame Gbagbo a souhaité un joyeux anniversaire à son époux qui a été « indignement déporté » à la CPI et dont le procès se « déroule de plus dans la honte ». Elle est ensuite revenue point par point sur l’acte d’accusation, comme lors de son premier procès d’assises.
 
Elle est d'abord revenue sur les conditions relevant de la forfaiture selon elle, de l’élection d’Alassane Ouattara et sur Laurent Gbagbo, seul président légitime élu en 2010, a-t-elle martelé. Lors de la présidentielle de 2010, Simone Gbagbo estime que les partisans de Laurent Gabgbo « ne se sont pas trompés en votant » pour lui, car « c’est lui qui a gagné les élections ». Elle a également incriminé la France et particulièrement Nicolas Sarkozy, le président de l’époque. Pour l’ex-première dame, la France a tenu un rôle de belligérant, soutenant les forces rebelles derrière Alassane Ouattara. Simone Gbagbo dit avoir « vécu ce que c’est que de subir des tentatives de viol en plein jour », ajoutant qu’elles étaient « photographiées » par l’armée française.
 
Il a aussi été question de son immunité parlementaire de député. « Cette question a déjà été tranchée », a interrompu le président de la Cour. « Permettez-moi tout de même d’y revenir », a répondu Simone Gbagbo, avant de souligner les vices de forme et de procédure dont elle se dit victime, par exemple les perquisitions effectuées chez elle sans qu’elle ne soit présente ni même l’un de ses représentants, ce qui est parfaitement illégal, tout comme l’ouverture des scellés, sans qu’elle ne soit là encore présente.
 
Enfin, l’ex-première dame de Côte d’Ivoire est revenue point par point sur les faits reprochés dans l’accusation : la fusillade lors de la marche sur la RPI, la Télévision nationale, le bombardement du marché d’Abobo, la mise en place de barrages un peu partout en ville. Dans tous les cas, affirme-t-elle, aucun témoignage, aucune preuve ne peut faire de lien entre ces crimes ou exactions et la personne. « Je veux qu’on me montre qui a été tué » et « où sont les corps », a dit madame Gbagbo qui déploré la mort de ces femmes « si c’est vrai ». Ces liens, ces rapports, ce sera le travail de l’accusation de prouver de manière irréfutable qu’ils existent bel et bien pour étayer cette inculpation de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
SOURCE : RFI
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