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GBAGBO EN DANGER DE MORT Une contribution d Alexis Bayoro GNAGNO. RÉFLEXION À HAUTE VOIX

Le président Gbagbo n'a jamais voulu faire aucun compromis douteux sur ses convictions, car s'il avait voulu se compromettre, ce ne sont pas les propositions qui ont manqué pendant la crise post-électorale, avant la guerre, et même après la guerre qui a abouti à son renversement par l'armée française le 11 avril 2011. La proposition d'un exil doré à lui faite par l'administration Obama, la visite à Korhogo, sur son premier lieu de déportation, des elders qui ont essayé de lui faire reconnaître la " victoire " de Ouattara, une reconnaissance qui n'aurait pas été sans contrepartie, etc. Mais le président Gbagbo est resté inflexible. A ce propos d'ailleurs , l'ancienne ministre française des affaires étrangères Michèle Alliot-Marie lâchera : " Nous lui avons fait toutes les propositions...".

C'est cette incorruptibilité de l'homme qui a conduit à vouloir l'éloigner de la scène politique ivoirienne en le déportant à la Haye, et qui explique aujourd'hui qu'on utilise des subterfuges juridiques pour le maintenir loin de son pays alors qu'il a été acquitté dans un procès qui n'est pas allé à son terme puisque les témoins de la défense n'ont pas comparu. Cela n'a pas été jugé nécessaire car les preuves du procureur étaient d'une "faiblesse exceptionnelle", selon les juges de la première chambre qui ont donc rendu un jugement d'acquittement des accusés.

Mais pourquoi donc ce procès a-t-il été arrêté à mi-chemin ?

Pourquoi n'a-t-il pas été fait appel aux témoins de la défense ?

Pourquoi alors qu'on s'attendait à une libération provisoire, avons-nous eu droit à une libération immédiate et totale qui a fini par se transformer en une libération avec des conditions qui s'apparente à une prison à ciel ouvert dans un espace bien délimité ?

Et si au-delà de la vacuité des témoignages avancée, il y avait d'autres raisons de mettre prématurément fin à ce procès dans sa forme contradictoire ?

Une libération provisoire aurait signifié la poursuite du procès alors que l'acquittement, comme on peut le constater, a mis fin au procès sans mettre fin à la privation de liberté.

Et si tout cela avait été fait en réalité pour empêcher le président Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé de prendre la parole pour dire leur part de vérité dans ce procès diffusé dans le monde entier ?

Et si la France avait manœuvré pour éviter qu'il ne soit fait le procès de la Françafrique dans cette deuxième partie ?

Ce procès, qui n'aurait jamais dû avoir lieu puisque les charges avaient été jugées insuffisantes en 2013 pour la tenue d'un procès, a été en réalité un moyen pour faire durer l'éloignement du président Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé mais il n'était apparemment pas prévu qu'il aille à son terme comme tout procès normal.

Ne sommes-nous pas aujourd'hui dans une situation qui arrangerait bien la France si elle devait encore durer puisque tout le monde est dans l'expectative. Tout le monde attend de voir ce que vont dire les juges de la première chambre qui ne sont soumis à aucun délai pour rendre les motivations écrites de leur décision d'acquittement du 15 janvier 2019, et qui prennent donc leur temps.

Après eux, ceux qui vont prendre la suite du processus auront eux aussi un certain temps, car on peut imaginer que si les premiers prennent autant de temps, il sera donné un temps conséquent aux seconds pour parcourir le dossier avant de décider de faire appel ou pas.

S'ils décident de faire appel, ce à quoi il faut se préparer, par réalisme , même si le dossier est vide, car l'objectif de la CPI depuis le début a toujours été de faire traîner les choses, la chambre d'appel se donnera elle aussi un certain temps pour prendre une décision.

Combien de temps tout cela prendra-t-il ? Personne ne le sait à part ceux qui tirent les ficelles depuis le debut et qui manipulent cette justice dite internationale.

Mais ces juges de la Chambre d'appel auraient de toute façon à décider si les acquittés peuvent enfin jouir d'une liberté pleine et entière, c'est-à-dire s'ils peuvent retourner dans leur pays, ce que la situation actuelle a pour objet d'empêcher, ou si le procès doit reprendre, ce qu'on a apparemment voulu empêcher aussi.

Cette situation de ni libération effective, ni poursuite du procès, avec le maintien en Europe du président Gbagbo et du ministre Charles Blé Goude peut donc comporter un risque pour les acquittés-otages car si la CPI n'a plus de marge de manœuvre et que d'éventuelles négociations ne donnent rien, quelle solution la France va-t-elle trouver ? Doit-on craindre pour la sécurité voire la vie des acquittés-otages ?

On aurait tort de ne pas être plus que vigilants sur cette question de leur sécurité et de ne pas mettre en garde car les relations de la France avec l'Afrique, qui sont émaillées de violences de toutes sortes, n'ont jamais connu ce genre de procès et la situation que nous connaissons actuellement ?

En effet, tous ceux qui étaient considérés comme gênant les intérêts français en Afrique ont toujours été soit éjectés du pouvoir et réduits au silence, soit assassinés comme Lumumba, Sankara, Moumié, Sylvanus Olympio, etc, ou sont morts en déportation comme Samory Touré, Béhanzin et bien d'autres, sans avoir jamais pu laisser à la postérité leur version de l'histoire. Tout ce que nous savons de ces personnages de l'histoire africaine se limite au seul récit des colons.

Il est vrai que le président Gbagbo a déjà pu s'exprimer le 28 février 2013 et dans deux livres du français François Mattéï, et que Charles Blé Goudé, outre sa brillante prise de parole du 2 octobre 2014, a écrit un livre, mais l'impact d'un procès diffusé dans le monde entier serait bien plus fort et Laurent Gbagbo, celui que le Figaro, un journal français, a qualifié de " tribun hors pair", pourrait marquer les esprits en revélant au monde et pour l'histoire les détails de ce qu'il s’est passé dans son pays, cette effroyable et meurtrière machination. La France y est-elle prête et est-elle prête à laisser rentrer chez eux ceux qui apparaissent .depuis le 16 janvier 2019 comme des otages, même sortis des murs de la prison de Scheveningen ?

LAISSEZ RENTRER DANS LEUR PAYS LE PRÉSIDENT GBAGBO ET LE MINISTRE CHARLES BLÉ GOUDE, ILS ONT ÉTÉ ACQUITTÉS.

Alexis Gnagno

Avec Alexis Bayoro Gnagno Excellence Zadi Mamadou Traoré

#REZOPANACOM

SOURCE : Oeil d'Afrique avec #REZOPANACOM
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