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Afrique-France: L'histoire des hommes politiques africains qui se sont opposés au Franc cfa

Fcfa | PHOTO: leumanne

Qu’est-il arrivé aux personnalités africaines qui n’ont pas voulu du franc CFA ?

À quelques exceptions près, ce sont les 1ers chefs d’Etat, après les « indépendances », qui ont lourdement payé cette initiative.

  • AHMED SEKOU TOURE (Guinée Conakry). 1958 - Deux mois avant l’indépendance de son pays, en présence du président français Charles de Gaulle qui effectuait une tournée africaine, Ahmed Sekou Touré déclarait : « Je préfère la pauvreté dans la liberté à la richesse en esclavage », ce à quoi de Gaulle répond : « L’indépendance est à la disposition de la Guinée ». Le 1er octobre, la Guinée obtient son indépendance par référendum et rejeta tout partenariat avec la France. Humiliée, celle-ci tenta un coup d’Etat contre Sekou Touré en formant des opposants et en le faisant passer pour un dictateur sanguinaire, tentative qui fut déjouée. La France retira alors tous ses fonctionnaires et ses crédits. Le 1er mars 1960, la Guinée sort de la zone Franc et a désormais sa propre monnaie : le franc guinéen.
  • SYLVANUS OLYMPIO, élu 1er président du Togo (9 avril 1961) au dépens de son opposant, Nicolas Grunitzky, soutenu par la France. Ne voulant pas subir la domination française, il décida de sortir de la zone franc en tentant de créer, à son tour, une monnaie nationale. Le 13 janvier 1963, quelques jours après avoir lancé les premières impressions, il fut assassiné par un ex-légionnaire français, le sergent Etienne Eyadema Gnassingbé. Celui-ci lui succéda à la tête du pays, avec les félicitations de l’Elysée, et terrorisera le pays durant 38 ans de règne (assassinats politiques, crimes crapuleux, pratiques sataniques…). Et bien sur, retour au CFA. Son fils Faure Gnassingbé lui succéda après sa mort, en 2005, suite à des élections frauduleuses couvertes par la France, puis réélu aussi frauduleusement en 2010 et 2015.
  • MODIBO KEÏTA, 1er président du Mali (de 1960 à 1968). Il fut un visionnaire, panafricaniste comme jamais, patriote et socialiste. Modibo Keïta mit en place le franc malien le 1er juillet 1962. En 8 ans, il réalisa ce que son successeur et traître Moussa Traoré n’a pas su faire en 23 ans. Il créa, entre autres, de nombreuses entreprises industrielles parmi lesquelles la fameuse SOCORAM, société qui aurait pu faire concurrence à SAMSUNG. Citons également AIR MALI qui, à l’époque, était la compagnie aérienne la plus importante d’Afrique avec des pilotes maliens formés en URSS. Son travail fut réduit à néant par un coup d’Etat commandité par la France, en plaçant un autre ex-légionnaire français, Moussa Traoré (19 nov. 1968), dictateur qui ramena le Mali entre les griffes du franc CFA le 1er juillet 1984. Modibo Keïta mourra empoisonné dans sa cellule en 1977.
  • THOMAS SANKARA, élu président en 1983, de l’ex Haute-Volta devenue Burkina Faso. Ne voulant pas subir ses « redevabilités », il refusa « l’aide » du FMI et transforma son pays, un des plus pauvres d’Afrique, en une nation auto-suffisante dans le domaine alimentaire en seulement 4 ans. Son refus de payer la dette coloniale, car provenant justement de l’époque coloniale, lui fut probablement fatale. Lors du 25ème sommet de l’OUA (ex Union Africaine), il appela tous les pays africains à former un front uni contre celle-ci (…) « Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ». En effet, il fut assassiné 3 mois plus tard (15 oct. 1985) par Blaise Compaoré, installé à sa place par François Mitterand et qui restera au pouvoir pendant 27 ans.
  • LAURENT GBAGBO, élu président de la Côte d’Ivoire le 26 oct. 2000, Laurent Gbagbo fut malvenu, dès le début, par le président français Jacques Chirac qui craignait que ses désirs souverainistes contaminent toute la sous-région. Acculée pour son refus de s'aligner sur les instructions données depuis l'Elysée, la France organisa une rébellion en 2002 qui amena le pays à être coupé en deux. Le climat d’insécurité qui en suivit rendit impossible toute élection jusqu’en 2010. C’est alors que Nicolas Sarkozy prend prétexte de ces élections (manipulées) pour le renverser. Dans une interview que le président ivoirien Laurent Gbagbo, détenu depuis, à la Haye (CPI), a accordé à la journaliste Fanny Pigeaud en juin 2017, il déclara que le FCFA est une monnaie dont l’Afrique doit se débarrasser car elle est une des causes du sous-développement du continent : «J’ai songé à faire sortir le pays de la zone CFA mais il ne fallait pas que la Côte d’Ivoire fasse seule la démarche, sinon on serait attaqués aux frontières ». Laurent Gbagbo fut remplacé, en 2011 par l’ami personnel de Sarkozy, Alassane Dramane Ouattara. Depuis lors, les entreprises occidentales sont remontées en selle et, en guise de récompense, Ouattara bénéficie de la plus grande attention des dirigeants et des médias occidentaux.
  • MOUAMMAR KADHAFI, suite à un coup d’Etat mené le 1er sept. 1969 contre le roi libyen Idriss 1er, Kadhafi régna sur la Libye pendant 42 ans après avoir échappé à une vingtaine de tentatives d’assassinat et de coup d’Etat. La Libye était l’un des rares pays où l’argent du pétrole était intégralement investi dans son développement. Kadhafi a commis l’erreur de mobiliser des fonds pour lancer le 1er satellite africain, créer la Banque Centrale Africaine, le Fond Monétaire Africain et la Banque Africaine d’Investissement. 143 tonnes d’or et, à peu près l’équivalent en argent était destiné à la création d’une monnaie panafricaine basée sur le dinar libyen. Il fut abattu par les services français le 20 oct. 2011.
  • KAKO NUBUKPO, était un ministre togolais qui, en 2015, critiqua ouvertement la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Il fut destitué de son poste par le président actuel, Faure Gnassingbé.
  • IDRISS DEBY, président tchadien depuis le 4 décembre 1990. En août 2015, il appela le continent à sortir du franc CFA. Il est aujourd’hui toujours vivant et toujours en fonction… Pour le moment.

 

Source: Stanley P.

NB: Le titre est de la rédaction.

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