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Le conflit entre les États-Unis et la Chine s'invite dans les smartphones

En vertu d'un décret du président américain, Google a rompu ses relations avec le fabriquant chinois Huawei. Les États-Unis mettent ainsi la Chine sous pression, au risque de provoquer une escalade.

Qu'est-ce qui va changer pour un propriétaire de téléphone Huawei?

C'est une rupture lourde de conséquences. La première entreprise technologique américaine, a rompu ses relations avec le plus gros fabricant chinois de smartphones. Google a notamment conçu le logiciel Android, qui équipe plus de 80% des smartphones en activité. Huawei, qui possède aussi la marque Honor, est le deuxième vendeur de smartphones au monde avec 19% de part de marché. Or, depuis lundi 20 mai, l'entreprise américaine a cessé de fournir ses logiciels au constructeur chinois.

<< Cela ne veut pas dire que votre téléphone Huawei est bon à mettre à la poubelle. Mais en revanche, le système Android ne sera plus mis à jour, ce qui signifie que les vulnérabilités vont s'accumuler>>, explique Gérard Peliks, président de CyberEdu, association d'éducation à la cybersécurité. Les services proposés par Google comme Gmail, Maps ou YouTube devraient continuer à fonctionner mais un téléphone Huawei ne devrait plus pouvoir installer les nouvelles versions de ces logiciels, si bien que les téléphones vont devenir plus vulnérables au piratage voire, à terme, ne pourront plus faire tourner ces applications.

Pour quelle raison Google a-t-il rompu ses relations avec Huawei?

La décision de Google fait suite à un décret du président Donald Trump, le 15 mai dernier, qui interdit aux entreprises technologiques américaines de fournir des logiciels ou des composants à un certain nombre d'enteprises chinoises, placées sur une liste noire. Plusieurs fabricants américains de composants comme Intel, Qualcom et Broadcom vont aussi cesser de fournir Huawei.

En privant ainsi le géant chinois de composants américains, le gouvernement met l'entreprise en difficulté. Elle achète en effet pour 10 milliards d'euros de puces mémoires et autres composants, chaque année, aux États-Unis.

Par ailleurs, selon le Financial Times, le directeur du renseignement américain a entrepris de rencontrer les dirigeants de toutes les plus grandes entreprises américaines pour les dissuader de coopérer avec les chinois.

Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump ne cesse de mettre en cause le comportement de la Chine, qu'il accuse de pratiquer l'espionnage et d'user de méthodes déloyales. Les États-Unis ont également imposé des barrières douanières sur les produits chinois importés. Washington négocie actuellement avec Pékin un important accord commercial et ces mesures sont une façon de peser sur les négociations, pour contraindre la Chine à plus de concessions.

Jusqu'où peut aller cette guerre technologique?

Huawei a réagi en indiquant que l'entreprise << continuera à fournir les mises à jour de sécurité et le service après-vente pour tous les smartphones vendus et en stock >>. L'entreprise pourrait développer sa propre version d'Android, à partir de la version qui reste libre d'accès.

Samedi 18 mai, le fondateur de Huawei, Ren Zhengfei, a assuré que son entreprise ne cédera pas: << Nous ne changerons pas de direction à la demande des États-Unis >>, a-t-il dit, refusant la voie suivie par ZTE. Cet autre équipementier chinois des télécoms a lui aussi été inscrit sur une liste noire américaine l'an dernier. Puis il a accepté que des agents américains aient accès à ses bureaux durant dix ans pour pouvoir à nouveau se fournir en composants américains...

Il reste encore à savoir comment Pékin va répliquer. Il est probable que le régime chinois ne restera pas sans réaction devant une mesure qui met en difficulté un champion national...

Et enfin, cette mesure pourrait aussi nuire, à terme, à Google. Car elle constitue un coup de semonce pour tous les constructeurs de smartphones. Tous ont renoncé, petit à petit, à développer leur propre système d'exploitation, préférant utiliser Android. Or ils découvrent aujourd'hui que l'entreprise américaine peut soudain décider de les en priver. Ils pourraient donc, dans l'avenir, changer leur fusil d'épaule et décider de développer leur propre logiciel. Or la rentabilité, pour Google, vient de ce que son système est devenu quasiment universel. Si ce n'est plus le cas, Google sera aussi le grand perdant de la guerre technologique entre la Chine et les États-Unis.

Huawei, deuxième fabricant mondial

Selon les chiffres du cabinet IDC, qui font référence, au 1er trimestre 2019, le numéro un de la vente de smartphone était le coréen Samsung, avec 23% de part de marché, suivi du chinois Huawei avec 19%, puis de l'américain Apple avec 11%.

Huawei est basée à Shenzhen, au sud de la Chine. Le groupe emploie 180 000 salariés et a passé pour la première fois en 2018 la barre des 88 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Le groupe a été créé en 1987 par un ingénieur de l'armée chinoise, Ren Zhengfei. Huawei est depuis devenu le numéro un mondial de la vente d'équipement pour les réseaux téléphoniques et le numéro deux pour les smartphones.

 
SOURCE : Oeil d'Afrique
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