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MALI: ARMÉE MALIENNE, UNE ARMÉE À L'IMAGE DE L'ÉTAT MALIEN!!!

soldats maliens | PHOTO: GOOGLE
Dans le cadre d’une « mission européenne » dont le but serait de
"former" l’armée malienne, 22 pays européens ont envoyé au Mali un
contingent de 550 militaires instructeurs. Ils sont basés à Koulikoro,
à environ 60 km de Bamako.
 
Environ 3000 soldats maliens devront recevoir une formation dans ce
centre. Cette "mission" est sensée durer 15 mois, son coût est estimé
à 12,3 millions d’euros.
Le général français qui commande cette opération a expliqué que sa
mission est de "remettre à niveau l’armée malienne" car elle est
"déstructurée", "incapable de se projeter dans l’avenir" ... bref, que
des mots gentils à l’égard de l’armée malienne qui, selon ce général,
"s’est effondrée parce qu’elle souffre de vingt ans de
sous-financements systématiques et de la méfiance du pouvoir
politique". Pauvre armée malienne, en plus d’être "sous-financée",
elle est mal aimée ! À croire ce général, elle ferait même pitié!
 
Comble d’hypocrisie, il est prévu de donner à ces pauvres soldats des
"cours de droit international humanitaire et sur la protection des
civils". Comme si le comportement de l’armée malienne à l’égard de la
population relève de "maltraitance et rançonne les civils" parce
qu'elle n’a pas suivi "des cours de droit !"
 
Le capitaine Sanogo qui a fait le dernier putsch au Mali en 2012, a
reçu une formation militaire "approfondie" aux États-Unis entre 2004
et 2010 où on lui a probablement enseigné des règles de droits, cela
ne l’a pas empêché de renverser Amadou Toumani Touré, deux mois avant
l’élection présidentielle prévue pour le 29 avril 2012.
L’Etat malien possède l’armée qu’il mérite et elle est à l’image de
tout l’appareil d’Etat, c’est-à-dire, gangrénée par la corruption, le
clientélisme et le népotisme. Elle est plus apte à terroriser et à
rançonner (que ce soit au Nord ou au Sud) une population inorganisée
et sans arme pour se défendre qu’à faire la guerre contre des groupes
armées, surtout dans les zones désertiques du Nord.
 
On connaît en effet les "qualités" de cette armée qui s’est illustrée
à Kidal, à Konna et ailleurs, en abandonnant armes et bagages dès les
premières attaques du MNLA et des djihadistes. Si l’intervention de
l’armée française n’avait pas eu lieu, personne ne sait où en serait
l’armée malienne aujourd’hui.
Si cette armée est corrompue de la tête aux pieds, si elle ne sait que
terroriser les petites gens sans défense, ce n’est pas à cause du fait
qu’elle n’a pas été formée aux droits humains mais à cause de choses
beaucoup plus profondes liées au sous-développement et au pillage
capitaliste.
Si les maîtres, tels que la France, ont décidé d’envoyer plus de 3000
soldats au Mali et tout un arsenal en engins et en matériels de
guerres sophistiqués, ce n’est pas pour aider le gouvernement malien
ni à le contraindre à devenir plus soucieux des droits humains dans ce
pays mais d’abord pour défendre ses propres intérêts, c’est-à-dire,
ceux de sa grande bourgeoisie qui exploite et pille les richesses
naturelles dans cette région sahélienne.
 
Cette intervention militaire française a un coût estimé à près de
trois millions d’euros ( 1 milliard 967 millions de FCFA) par jour, et
elle n’est pas prête de prendre fin même si François Hollande avait
procédé à un retrait partiel mais c’était purement symbolique. C’était
destiné à faire croire à l’opinion publique française qu’il respecte
son engagement du départ qui était de se retirer du Mali assez
rapidement "dès le mois de mars".
Le coût de cette "opération Serval/Barkhane", ce sont les classes
laborieuses de France qui vont le payer d’une manière ou d’une autre
mais les bénéficiaires sont les trusts comme Total/Aréva et autres
multinationales.
 
Le coût de cette guerre sera aussi supporté d’une manière ou d’une
autre par l’ensemble des populations maliennes. Elles le payent déjà
sous diverses formes : par le nombre de morts civils causés par les
bombardements, par le nombre de réfugiés, de déplacés sans cesse en
augmentation, par la cherté de la vie au Nord, au centre et au Sud,
par l’insécurité qui règne sur une grande partie du territoire, par le
délabrement et la désorganisation des infrastructures et des services
publics utiles à la population, etc. Elle le paye ou le payera aussi
par la haine semée entre les populations arabo-berbères du nord et
celles du sud, la division du peuple malien à tous les niveaux
(Plateforme AN TÈ ABANNA/An Sonna).
 
Personne ne connaît le nombre de morts causés directement ou
indirectement par cette sale guerre, personne ne connaît avec
exactitude le nombre de gens qui ont tout perdu et qui ont dû fuir le
pays ou la région du Nord pour aller trouver refuge ailleurs. C’est
tout cela qui constitue le coût humain de cette guerre.
Cette guerre est dépeinte par les dirigeants-penseurs comme un acte de
libération des populations maliennes contre les "terroristes" mais la
réalité est tout autre : c’est une guerre de l’impérialisme, de
l'armée du capital pour sauvegarder des zones d’influence en Afrique
subsaharienne.
 
Les sommes importantes englouties dans les engins de mort et dans la
formation de l’armée malienne auraient pu servir plutôt à former des
enseignants, des ingénieurs agronomes, du personnel médical pour
soigner les habitants et améliorer leurs conditions d’existence. Elles
auraient pu servir à construire des routes bitumées, des ponts, à
creuser des puits, à construire des écoles pour faire profiter à la
population des bienfaits des connaissances techniques et
scientifiques. Mais demander cela aux puissances capitalistes et leurs
subalternes idéologiques, c’est comme demander à "un bouc de produire
du lait".
 
Tout compte fait, l'heure de la prise de conscience à sonner, le glas
de la vieille école de pensée a sonné: NOUS N'ACCEPTERONS PLUS L'IDÉE
DE DOMINATION ET DU FATALISME.
SOURCE : N'GUESSAN YAPI PAUL
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